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Pourquoi faire la guerre au cash ?

Les Echos titrait le vendredi 22 janvier 2016 « Le recul du cash va s’accélérer en France » et s’interrogeait sur le sens de cette guerre contre le cash.

Le quotidien cite trois raisons :

  1. Les espèces coûtent cher aux banques
  2. Les espèces facilitent la fraude fiscale et le blanchiment
  3. La manipulation des espèces pose un problème de sécurité.

Voyons ces raisons une à une.

  1. La Fédération bancaire française estime que la gestion des espèces coûterait aux banques 3 Mds€. Les comptes de dépôts ne sont toutefois pas rémunérés. Combien rapportent aux banques ces dépôts ? Ces dépôts permettent aux banques de prêter, donc de faire leur métier de transformation (dépôts à court terme transformés en prêts à plus long terme) et une marge sur cette transformation qui est l’intérêt du prêt consenti moins les frais de la banque. La non-rémunération des dépôts augmente les marges des banques. La contrepartie de la non rémunération des dépôts est la disponibilité immédiate de ces mêmes dépôts. C’est ce que la fédération bancaire essaye de nous faire oublier en ne parlant que des frais liés à la manutention du cash.

 

  1. Les récentes affaires de fraude fiscale et de blanchiment montrent des montages complexes à base de sociétés écrans, de comptes dans des États bien spécifiques, etc… Voir la récente affaire Cahuzac, les plus anciennes affaires de financement des partis politiques, de corruption dans les marchés d’armement, les emplois fictifs, … Cela fait belle lurette que les gros trafiquants emploient les canaux de la finance sophistiquée et non le transport de mallettes pleines de cash. Les espèces facilitent peut-être la petite fraude d’artisans ou commerçants à bout du rouleau. Mais la criminalité en col blanc n’en a nul besoin.

 

  1. L’alibi de la sécurité est quasi systématique dans un pays où l’État est vu comme protecteur, bienveillant. Les caméras dans les rues, les fouilles, le flicage internet, la prolongation de l’état d’urgence,… Toutes les mesures liberticides sont mises en place en invoquant l’amélioration de la sécurité.

Cet article est révélateur car il omet la raison fondamentale de la guerre contre le cash : rendre le système financier étanche, supprimer toute possibilité de bank run.

Il a cependant le mérite de nous apprendre qu’en 2014, les retraits atteignaient 128,8 Mds d’euro dans notre pays, soit une des proportions les plus faibles en Europe.

Les retraits d’espèces en 2014 par pays

Sources : Les Echos, banque de France et BCE

 

Pays % du PIB
Grèce 22,5
Portugal 16,5
Allemagne 11,5
Italie 11,1
Royaume-Uni 10,4
France 6,0
Suède 5,4

 

 

Cashless-2016-01-21-LesEchos

Présenté comme un phénomène naturel, le recul du cash est en réalité une volonté politique délibérée visant à préserver le monopole des banques et instaurer la possibilité s’une taxation arbitraire qui n’aura nul besoin de passer devant un quelconque parlement.

 

Aussi « archaïques » puissent-elles paraître, les espèces sont un garde-fou contre la tentation des banques, et des États, de vouloir s’accaparer les richesses des citoyens et de contrôler tous leurs faits et gestes.

C’est pourquoi, Monsieur le Premier ministre, j’exige que votre gouvernement s’engage à prendre d’urgence les mesures suivantes :

  • 1. Les limites aux retraits en espèces ne doivent plus être justifiées que par les nécessités matérielles et non par la volonté des banques de conserver les avoirs des déposants ; les plafonds doivent donc être relevés en conséquence ;
  • 2. Les paiements doivent pouvoir être faits en espèces quel que soit le montant ; les billets émis par la BCE ont cours légal et forcé et doivent donc pouvoir être utilisés en toute circonstance ;
  • 3. Le contrôle des flux financiers doit se limiter aux individus et aux groupes connus pour être potentiellement liés à des réseaux terroristes ou mafieux ; les citoyens honnêtes doivent voir leur vie privée respectée par l’État dans leurs activités économiques.

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3 Comments

  1. Bonjour, je peux vous apporter plusieurs exemples factuels de ce qui rend de plus en plus contraignant l’utilisation des espèces.
    1/ Il n’y a plus de distributeur de monnaie dans les bureaux de poste. Si vous voulez payer vos affranchissements en espèces à un distributeur automatique, il vous faudra désormais faire la queue au guichet.
    2/ A Montpellier, les guichets automatiques sur les quais des arrêts de tram ne rendent plus la monnaie, vous forçant à payer par carte bleue si vous voulez acheter votre billet à sa juste valeur. ( J’appelle cela du vol pur et simple )
    3/ Vous êtes taxé de 1 € à chaque retrait d’argent qui se fait dans une autre banque que la votre.
    3/ L’extension des paiements en CB même pour les petites sommes. ( paiement par contact ) Ce qui est grave, surtout quand on sait que la banque prend un pourcentage sur l’usage des terminaux bancaire du commerçant.
    4/ Dans ma boutique j’ai constaté une diminution drastique des paiements en espèces. Nous sommes passé de 34 % d’achats en espèces en 2013 à 16 % en 2015. ( je peux fournir des données supplémentaires pour qui cela intéresse)
    De part l’observation de ces phénomènes j’en arrive au même constat que vous.
    Par l’ingénierie sociale, la banque étend son domaine d’activité, elle capte notre argent physiques pour spéculer dessus et taxer tout les échanges que nous faisons.
    Symboliquement, la virtualisation de nos biens est une dépossession matérielle. La banque nous fait payer l’usage de ce qui est censé nous appartenir. ( Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que nos lignes de chiffres sur nos comptes bancaires soient appelées  » reconnaissance de dette  » )

  2. 100$ d’accord avec vous.
    Sans compter que sans cash, comment donner de l’argent à un pauvre dans la rue ou a un enfant ? Ou dépanner un ami ? C,est une privation de liberté fondamentales au profit des banksters et des escrocs des cartes de crédit VISA ou autre.

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