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Sans cash dans le désert – Les limites de la confiance

Lorsque les réseaux de télécommunication sont défaillants et la nature hostile, vous avez intérêt à avoir des espèces sur vous !

(Article initialement publié dans La Chronique Agora)

Après vous avoir rebattu les oreilles sur le pouvoir du cash, je m’en suis retrouvé à court à un moment très inopportun.

Les lignes téléphoniques, l’internet et par conséquent les systèmes de paiement étaient inopérants dans le désert de Nullarbor, au sud de l’Australie. Impossible de payer par carte pendant presque deux jours. En voyage en voiture, cela représente trois pleins à la pompe.

Mes 70 derniers dollars ont été engloutis par mon réservoir à Cocklebiddy, à environ 800 km du distributeur de billets ou du système de paiement par carte bancaire le plus proche. En outre, du fait de l’interruption des communications, le prix du carburant avait augmenté de près de 40%.

Nous nous sommes donc retrouvés sans un sou en poche, à des centaines de kilomètres de toute civilisation, avec un réservoir partiellement rempli.

A moins que les systèmes de paiements ne soient rétablis à une étape sur notre route, nous nous retrouverions en panne sèche à mi-chemin. Au beau milieu du désert.

Qu’auriez-vous fait à notre place ? Auriez-vous continué votre route ? Ou seriez-vous retourné sur vos pas ?

Les limites de la confiance

En d’autres termes, faites-vous confiance à la technologie, aux infrastructures, aux systèmes informatiques des banques, aux entreprises de télécommunications et à tout ce qui est nécessaire pour que le cash numérique puisse circuler ?

Vu que j’écris ces lignes, vous vous doutez de ce qui est arrivé. Quoique… Vous vous trompez pourtant en partie.

Cinq minutes environ après avoir fait le pari qu’on y arriverait, dans l’espoir que nous pourrions payer en livres sterling en cas d’imprévu, nous nous sommes rendu compte que finalement nous avions du cash. Le père de ma compagne nous avait donné des dollars australiens avant de repartir pour le Japon : « vous en aurez besoin un jour. » avait-il alors prophétisé.

Après avoir longuement fouillé l’arrière de la voiture, où s’empilaient tous nos bagages, nous avons enfin trouvé les précieux billets.

Je m’en souviendrai, de cette traversée du désert.

En entendant le récit de notre mésaventure, mon père a conclu par ces mots : « eh bien, elle est belle ta société sans cash » – sa façon de montrer qu’il était heureux que nous nous en soyons sortis indemnes.

Aujourd’hui, nous rions de cette histoire. Au moins en ce qui nous concerne. Car sur notre route nous avons croisé pas mal de camions et de touristes coincés sur le chemin vers la civilisation. Ils avaient fait confiance à leur carte bancaire mais la société sans cash les avait laissé tomber.

Les propriétaires de stations essence semblaient très heureux de voir leurs motels afficher complet, même si aucun client ne pouvait encore payer sa note.

Ce qui est pratique ne doit pas vous rendre dépendant

Et vous ? Traverseriez-vous le désert de Nullarbor aujourd’hui ? Combien de cash avez-vous sur vous ? Quelle confiance accordez-vous à la technologie ?

Il est clair que payer par carte a rendu la vie plus facile et plus pratique… mais il y a un mais. Si la commodité devient dépendance, alors il est potentiellement possible de se retrouver coincé dans le désert du Nullarbor sans essence ni endroit pour dormir, ce qui n’est ni commode ni facile.

Même chose pour la confidentialité. Les opérations bancaires en ligne, les paiements en ligne et les mails signifient que toutes les informations vous concernant et toutes vos activités sont faciles d’accès pour vous… mais également pour les autres.

Si vous voulez optimiser votre vie, trouver un équilibre entre l’économie numérique et ses défauts, il vous faut trouver des moyens de contourner le système. De vous défendre fermement.

(Article initialement publié dans La Chronique Agora)

Aussi « archaïques » puissent-elles paraître, les espèces sont un garde-fou contre la tentation des banques, et des États, de vouloir s’accaparer les richesses des citoyens et de contrôler tous leurs faits et gestes.

C’est pourquoi, Monsieur le Premier ministre, j’exige que votre gouvernement s’engage à prendre d’urgence les mesures suivantes :

  • 1. Les limites aux retraits en espèces ne doivent plus être justifiées que par les nécessités matérielles et non par la volonté des banques de conserver les avoirs des déposants ; les plafonds doivent donc être relevés en conséquence ;
  • 2. Les paiements doivent pouvoir être faits en espèces quel que soit le montant ; les billets émis par la BCE ont cours légal et forcé et doivent donc pouvoir être utilisés en toute circonstance ;
  • 3. Le contrôle des flux financiers doit se limiter aux individus et aux groupes connus pour être potentiellement liés à des réseaux terroristes ou mafieux ; les citoyens honnêtes doivent voir leur vie privée respectée par l’État dans leurs activités économiques.

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