Pétition

Non à la société sans cash !

À l’attention de Manuel Valls, Premier ministre


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Monsieur le Premier Ministre,

Depuis plusieurs années, des restrictions de plus en plus importantes ont été mises aux retraits et paiement en espèces.

S’appliquant au départ aux plafonds des montants pouvant être retirés ou payés en billets, ces restrictions visent de plus en plus à s’attaquer à la détention même d’espèces, vue comme une menace par les banques et les gouvernements dont celui que vous dirigez.

L’actualité ne manque pas pour illustrer cette tendance : ainsi, au début du mois de mai 2016, on apprenait que la Banque centrale européenne (BCE) va cesser d’émettre des billets de 500 euros, et ce au nom soi-disant de la « lutte contre le crime organisé ».

Un prétexte repris en chœur par le ministre des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin, qui voudrait aller plus loin et carrément interdire les coupures de 500 euros. Qu’est-ce qui empêcherait ensuite d’interdire aussi ceux de 200, puis de 100 euros ?

Mais le crime organisé n’est qu’un alibi ! Un alibi qui revient à chaque fois que des restrictions de ce type sont décidées.

La véritable raison apparaît quand les banques sont menacées de faillite, comme à Chypre il y a quelques années. Alors, les retraits sont plafonnés pour éviter le constat que les banques sont incapables de rendre à leurs clients leurs dépôts. Le cas de Chypre a créé un précédent et à la prochaine menace sur la solvabilité des banques, le droit européen prévoit que de telles mesures pourront être généralisées sur le continent, nous rendant prisonniers des banques et privés de notre droit de propriété.

Car il ne faut pas oublier que les détenteurs de comptes en banques que nous sommes devraient être propriétaires de l’argent qui y est déposé. Or de plus en plus de voix, comme celle de Christine Lagarde, directrice générale du FMI, se font entendre pour que les comptes en banque puissent être partiellement saisis par les Etats en cas de nouvelle crise financière.

Plus grave encore peut-être, les restrictions mises à l’autre bout de la chaîne sur les paiements en espèces obligent de plus en plus à recourir à la carte bancaire, permettant une transparence absolue des transactions pour les services de police et de renseignement. Au nom de la lutte contre le crime organisé, qui ne représente qu’une infirme partie de l’activité économique, nous sommes désormais tous traités comme des suspects.

Aussi « archaïques » puissent-elles paraître, les espèces sont un garde-fou contre cette tentation des banques, et des États, de vouloir s’accaparer les richesses des citoyens et de contrôler tous leurs faits et gestes.

C’est pourquoi, Monsieur le Premier ministre, j’exige que votre gouvernement s’engage à prendre d’urgence les mesures suivantes :

  1. Les limites aux retraits en espèces ne doivent plus être justifiées que par les nécessités matérielles et non par la volonté des banques de conserver les avoirs des déposants ; les plafonds doivent donc être relevés en conséquence ;
  2. Les paiements doivent pouvoir être faits en espèces quel que soit le montant ; les billets émis par la BCE ont cours légal et forcé et doivent donc pouvoir être utilisés en toute circonstance ;
  3. Le contrôle des flux financiers doit se limiter aux individus et aux groupes connus pour être potentiellement liés à des réseaux terroristes ou mafieux ; les citoyens honnêtes doivent voir leur vie privée respectée par l’État dans leurs activités économiques.

 

Je vous prie d’agréer, M. le Premier ministre, l’expression de ma plus haute considération.

 

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